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Louis Vuitton en chiffres

Les ambitions de la griffe, qui célèbre cette année son 150e anniversaire, sur le deuxième marché mondial du luxe, sont à la mesure du nouveau temple commercial qui a ouvert ses portes hier à New York, à l’angle de la 5e avenue et de la 57e rue. Jusqu’en janvier 2005, date prévue pour la réouverture du « flagship » rénové et agrandi des Champs Elysées, ce sera le plus grand magasin Louis Vuitton au monde, avec 1.200 m2 de surface de vente sur quatre niveaux. L’objectif de la marque, dont les ventes mondiales s’élèvent à 3 milliards d’euros, consiste à « réaliser à moyen terme 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires aux Etats-Unis », a indiqué mardi Bernard Arnault, le PDG de LVMH. Actuellement, 18 % des ventes de la marque au monogramme sont réalisées outre-Atlantique, où se trouvent désormais 85 de ses 318 points de vente, soit plus d’un quart du parc. En comparaison, Vuitton réalise un tiers de ses ventes mondiales au Japon, son premier marché, dans 47 magasins.

Le développement nord-américain a été fortement ralenti après les attentats du 11 septembre 2001. C’est avant ces événements que l’ancien immeuble de la Warner, qui vient d’être transformé en cathédrale de cristal à la gloire du damier Vuitton par les architectes Jun Aoki et Peter Marino, avait été acheté par LVMH. Le projet a néanmoins débouché sur une boutique plus grande que prévu, sans doute le plus gros investissement jamais réalisé dans un magasin de l’enseigne.

Le seul aménagement, qui a duré près de trois ans, a coûté 40 millions de dollars. Bernard Arnault prend pourtant le pari de « le rentabiliser en huit mois ». L’ancienne boutique de 400 m2 située dans la 5e avenue, à deux pas de la nouvelle, et qui a accueilli jusqu’à 100 clientes par minute en décembre, va laisser la place au joaillier De Beers.

Première marque européenne
Outre le fait que Vuitton est actuellement « la première marque européenne outre-Atlantique et celle qui connaît la plus forte croissance », Bernard Arnault affiche un autre motif de satisfaction aux Etats-Unis : Louis Vuitton n’y séduit plus seulement les touristes japonais de passage, à l’origine des trois quarts des ventes dans le pays il y a quinze ans. La clientèle locale pèse désormais à hauteur de 90 %. Un renversement lié à « l’ouverture de boutiques en propre et au fait d’avoir mieux fait connaître les produits aux Américains », estime le PDG.

Le fait que le designer de Louis Vuitton, l’Américain Marc Jacobs, soit la coqueluche des jeunes branchés outre-Atlantique, aide sans doute aussi la marque sur ce marché. Sa propre société, dont LVMH détient 96 % (outre un tiers de l’entité contrôlant la marque) est passée d’un chiffre d’affaires de 1 million de dollars en 1997 à plus de 75 millions de dollars l’an dernier. Les réticences du groupe de luxe à ouvrir des magasins Marc Jacobs pourraient toutefois conduire à un divorce, avançait le « Wall Street Journal » en début de semaine. « Il y a des négociations normales et les relations sont bonnes », a minimisé Bernard Arnault qui « croit au potentiel de la société Marc Jacobs », mais estime qu’il ne faut « investir que si la rentabilité est assurée ».

La reprise aux Etats-Unis va elle aussi donner un coup de pouce à Vuitton, comme à l’ensemble du groupe LVMH. « 2004 devrait être une très bonne année », prévoit son responsable, qui se dit « plus inquiet pour 2005, où les Etats-Unis se trouveront face à un gros déficit et devront remonter les taux d’intérêt ».


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